Une mission « humanitaire » à Madagascar… et une réalité plus complexe que prévue
Octobre 2024. Je pars pour une mission à Madagascar, au sein d’une équipe composée de médecins, d’infirmières, de dentistes, de pharmaciens.
Avec l’intention d’aider. De faire ma part. D’agir.
Mais très vite, la réalité me bouscule.
Les conditions précaires. Le matériel rudimentaire. L’organisation millimétrée par d’anciens militaires. L’ambiance presque festive au sein de l’équipe.
Et en même temps, une hiérarchie silencieuse entre soignants européens et interprètes malgaches, qui ne dorment pas au même endroit, ne mangent pas avec nous.
C’est dans ce décalage permanent que germent mes doutes.
Des soins précaires… dans un cadre incertain
Au fil des jours, les actes s’enchaînent.
Extractions à répétition, douleurs soulagées dans des conditions de fortune.
Les patients crachent dans un seau de sable. Le matériel est désinfecté sommairement.
Je m’interroge sur les contaminations croisées, notamment dans un pays où le VIH est très présent.
Et je m’interroge aussi sur le sens.
Ce qu’on soigne, ce qu’on laisse.
Ce que les patients demandent… et ce qu’on refuse.
Les conseils que l’on donne, parfois au mépris des croyances locales.
Le choc culturel, l’effet de groupe… et les croyances invisibles
Dans cet épisode, je raconte aussi l’effet de groupe qui se forme dès notre arrivée.
Le rôle que joue la cohésion dans ce genre de mission.
Et comment certaines logiques se mettent en place sans qu’on les questionne.
Je reviens sur l’incident du saucisson, transporté dans une zone marquée par les fady (interdits culturels malgaches).
Sur la chute de mon assistante Cécile, qui a choqué l’équipe… et peut-être les habitants du village.
Et je découvre à quel point nos actes, même les plus anodins, peuvent être interprétés différemment ailleurs.
Soigner, oui… mais à quel prix ? Et pour qui ?
Cet épisode soulève des questions essentielles sur l’éthique du soin :
- À partir de quand un soin devient-il inadapté ?
- Peut-on parler de solidarité quand l’interaction est si brève, si déséquilibrée ?
- Que signifie “aider”, si l’on ne comprend pas les codes culturels du pays dans lequel on agit ?
J’y raconte aussi comment j’ai soigné les enfants grâce à l’hypnose, en improvisant faute d’outils adaptés.
Et comment, sans le vouloir, j’ai pu frôler un malentendu culturel.
Un podcast pour penser l’aide autrement
Dans ce deuxième épisode, je continue de mêler témoignage personnel et réflexions éthiques, avec les voix de :
- Flora Bastiani, philosophe du soin
- Maurizio Esposito de la Rosa, anthropologue spécialiste de Madagascar
- Andry Herisoa Andrianasolo, sociologue malgache
- Marianne Chmitelin, humanitaire de terrain
📢 Ce podcast est indépendant et autofinancé.
Vous pouvez le soutenir via la cagnotte participative Tipeee : [lien ici].
Je remercie chaleureusement :
- Pauline Bussi @lesonlibre pour sa présence à mes côtés à l’ADF et son travail minutieux de montage ;
- Jade Piol pour l’illustration ;
- Maxime Wathieu pour la composition du générique et de l’habillage sonore ;

