Madagascar, une mission, mille questions : 3/3 dans la zone grise

Est-ce que j’ai vraiment « aidé » en partant en mission humanitaire ? Ou ai-je participé malgré moi à une forme de volontourisme ? Dans cet épisode de conclusion, je reviens sur cette expérience dérangeante, avec les analyses de chercheur·ses en santé humanitaire, éthique du soin et sciences sociales. Une tentative sincère pour comprendre ce que peut,ou non, l’aide humanitaire.

Était-ce vraiment de l’humanitaire… ou un voyage de bonne conscience ?


Octo­bre 2024
. Je pars à Mada­gas­car pour une mis­sion den­taire.
Quelques mois plus tard, ma cou­sine me dit :

“Tu sais… ce que tu as fait, ce n’est pas de l’humanitaire. C’est du volontourisme.”

Cette phrase m’a transper­cée.
Et elle a tout déclenché.

Cet épisode clôt la série.

Il est le plus intime. Le plus poli­tique. Le plus dif­fi­cile à écrire aussi.

Parce qu’il tente de com­pren­dre ce qui s’est vrai­ment joué dans cette mis­sion :
👉 Était-ce une aide réelle ?
👉 Un engage­ment plus sym­bol­ique que réelle­ment utile ?
👉 Une mise en scène pour se sen­tir utile ?
👉 Ou un mélange de tout ça , dans cette zone grise où se croisent bonnes inten­tions, déséquili­bres struc­turels et aveu­gle­ments cul­turels ?

Aider… mais à quelles conditions ? Et avec quelles conséquences ?

Dans cet épisode, je questionne :

  • le fait de pay­er pour “aider”, et la marchan­di­s­a­tion du soin
  • l’absence de cadre éthique et de pro­jet structurant
  • le manque d’ancrage local et de suivi des soins
  • l’effet de supéri­or­ité morale qu’on peut avoir sans le vouloir
  • la course au chiffre (nom­bre de dents extraites par jour, par mission…)

Et surtout : la dif­fi­culté de cri­ti­quer l’aide quand elle sem­ble motivée par la générosité.
Car, comme le dit Didi­er Fassin, médecin et anthropologue,

“L’aide repose sou­vent sur une poli­tique de la pitié.”
Une émo­tion qui dis­pense d’interroger les caus­es pro­fondes.

Penser l’aide autrement : plus lente, plus locale, plus éthique

Alors, com­ment faire mieux ?

Grâce aux voix croisées de mes invité·es, je pro­pose des pistes :

  • tra­vailler en parte­nar­i­at avec des struc­tures locales
  • éval­uer l’impact des actions
  • écouter les besoins, pas seule­ment nos émotions
  • soutenir autrement : par des dons, de la for­ma­tion, des engage­ments locaux
  • adopter une pos­ture éthique basée sur l’autonomie, l’équité, la col­lé­gial­ité

Un épisode pour conclure… et ouvrir d’autres questions

Entre témoignage per­son­nel, réflex­ion éthique et mise en per­spec­tive poli­tique, cet épisode clôt une série née d’un malaise. Et trans­for­mée en quête de sens.

Invité·es de l’épisode

  • Flo­ra Bas­tiani, philosophe du soin
  • Mar­i­anne Chmitelin, human­i­taire de terrain
  • Chloé San­guinet­ti, doc­u­men­tariste (The Volon­tourist)
  • Mau­r­izio Espos­i­to de la Rosa, anthro­po­logue
  • Andry Herisoa Andri­ana­so­lo, soci­o­logue

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Je remer­cie chaleureusement :

  • Pauline Bus­si @lesonlibre pour sa présence à mes côtés à l’ADF et son tra­vail minu­tieux de montage ;
  • Jade Piol pour l’illustration ;
  • Maxime Wathieu pour la com­po­si­tion du générique et de l’habillage sonore ;

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